Harcèlement, dénigrement professionnel: comment se reconstruire après un procès aux prud’hommes?

Procès aux prud'hommes

Harcèlement et dénigrement professionnel

Léa est responsable commerciale dans un établissement financier, en conflit avec un manager colérique et gueulard au point d’être surnommé « le p’tit teigneux ». Un manager qui lui dit qu’elle ne serait pas faite pour ce poste, qui la convoque un jour de retour de congés pour un entretien d’évaluation et qui la saque. Six mois auparavant, le p’tit teigneux n’avait rien à lui reprocher, rien à signaler. Là, elle n’aurait plus de compétences, ne serait pas apte à ce poste. Et puis, ses objectifs deviennent différents de ce qui avait été défini, les chiffres sont faux, elle conteste. En vain.

Loin d’apaiser les choses le N+2 l’enfonce, lui dit qu’elle n’a rien à faire là, qu’elle devrait réfléchir à un autre poste. Les attaques se font chaque fois plus personnelles : elle serait maintenant froide et agressive !

Puis arrive la délégitimation professionnelle, auprès des clients. Elle découvre que son manager la devance, les rencontre sans la prévenir, la met en porte-à-faux vis-à-vis d’eux.

Ton agressif, accusations injustifiées, évaluation contestable au regard des résultats et des objectifs, rétrogradation d’office dans un champ professionnel qui ne relève pas de ses compétences, incitation à la mobilité sans motif réel, demandes de formation qui n’aboutissent jamais, incitation forte à la mutation, à la démission et pour finir procédure disciplinaire non fondée, Léa rencontre l’inspection du travail, un juriste, le médecin du travail, le psy du travail… Une procédure prud’hommale est engagée. Léa pense jour et nuit au dégueulis de trente pages présenté par l’avocat deson entreprise, qui la traite de menteuse sans apporter aucune preuve…

Le procès aux prud’hommes

Elle se pose des questions, est angoissée. Comment ceux qui sont passés par un procès ont-ils fait pour retrouver un job après une telle épreuve ? Sont-ils restés dans le même secteur, car elle le sait, un potentiel recruteur peut appeler l’ancien employeur pour avoir des « références »… Devra-t-elle parler aux gens de son procès ou bien n’en rien dire et vivre dans la peur qu’un jour, par hasard, quelqu’un en entende parler, réagisse mal et l’accuse de tromperie ?

Mais Léa est aussi en colère, contre son employeur, contre elle-même, contre sa peur. Elle se dit que si les salariés ne parlent pas de ce qu’ils subissent en toute impunité, cela profite pleinement aux entreprises qui peuvent continuer à mal agir vis-à-vis de leurs employés sans craindre pour leur image.

Alors sa décision est prise, elle se dit que quelle que soit l’issue du procès, elle n’hésitera pas à en parler autour d’elle, que si tout le monde en fait autant, si tout le monde ose enfin témoigner et nomme les responsables par leurs noms, alors la peur changera de camp, car dans ce monde d’images, une mauvaise image est justement ce que les entreprises craignent le plus… 

Et après?

Le seul problème se dit-elle amèrement, c’est qu’après elle risque de ne jamais retrouver de boulot. Elle sait à quel point une entreprise peut brûler la terre autour d’un salarié qui a osé lui résister. Par exemple en allant jusqu’à appeler ses propres concurrents pour répandre des propos diffamatoires et l’empêcher de retrouver un poste…

Une seule solution : sortir de la solitude, faire bloc avec les autres, celles et ceux qu’elle rencontre désormais dans une association de salariés, maltraités comme elle mais décidés à ne plus subir…

Si comme elle, vous voulez sortir d’une telle situation, rejoignez-nous. Vous pouvez le faire de plusieurs façons: témoignez, mettez vos compétences au service de l’association, contre la souffrance au travail ou encore soutenez l’association.

Et vous, êtes-vous déjà passé par là? Comment avez-vous fait pour vous en sortir?

Clémentine, vidéaste professionnelle

Clémentine, Vidéaste : portrait d'une vidéaste professionnelleCommunication, captations vidéo, aide à l’organisation

23 Millions de Salariés contre la souffrance au travail se construit jour après jour d’abord grâce à des personnes qui mettent leurs compétences au service de l’association. Qu’elles aient elles-mêmes connu une situation professionnelle difficile ou qu’elles soient tout simplement touchées et concernées par ce problème de société, elles ont décidé de s’unir pour faire cesser les causes de la souffrance au travail. Toutes les vidéos de présentation de l’association, les témoignages et les photos ont été réalisés par Clémentine, notre vidéaste. C’est elle qui a couvert la manifestation artistique des 17, 18 et 19 mai 2016, et qui est toujours présente lorsque nous avons besoin de filmer ou photographier des témoignages, des actions, des événements. Elle est jeune et pourtant sacrément consciente de ce que devient le monde du travail !

Clémentine nous explique sa démarche :

Vidéaste indépendante, j’ai eu l’occasion de travailler auprès de Marie Pezé pour son association Souffrance et Travail. J’ai alors pris conscience de la gravité de certaines situations que peuvent vivre les salariés, cela peut arriver à n’importe qui… J’ai donc décidé de continuer à m’intéresser à ce sujet et de me lancer dans ce collectif en y apportant mes compétences pour montrer, à travers le média audiovisuel, la réalité de la situation…

Trois jours de manifestation pour interpeller

Manifestation 23 Millions de Salariés contre la souffrance au travail

La manifestation artistique visant à déclamer notre Manifeste s’est déroulée sur 3 jours.

Mise en scène par des artistes de la Compagnie le Laabo visant à interpeller les esprits et la société, l’évènement s’est déroulé pendant en 3 endroits symboliques de Paris.

Le 1er jour, nous étions plusieurs à nous retrouver Cour de Rome à la Gare St Lazare. Une fois la sono en marche pour déclamer le Manifeste et alors que les acteurs de la troupe Le Laabo portant d’étranges masques se mouvaient lentement, en silence, les passants intrigués se sont arrêtés. Ils ont regardé, ils ont écouté… D’autres ont filmé la scène pendant que les bénévoles, masqués pour signifier la perte parfois de l’identité individuelle au travail, distribuaient les flyers de présentation de l’association. Tout cela sous un beau soleil… jusqu’à l’arrivée d’un employé de la SCNF venant mettre un terme à la représentation : nous étions en terrain privé ! Art et règlement, liberté d’expression et droit du sol ne pouvaient s’entendre malgré une tentative de dialogue…

Bien sûr, cela n’a pas plus perturbé notre petite troupe! Acteurs et bénévoles se sont déplacés vers des espaces plus hospitaliers, rencontrant à nouveau l’intérêt d’un public nombreux, curieux et sensible à la question de la souffrance au travail.

Le lendemain, place de la Bourse du travail, la manifestation se déroulait face au temple de la finance et… aux fenêtres de l’AFP, ce qui n’a pas manqué d’inciter quelques journalistes curieux et toujours à l’affût de venir s’enquérir de l’évènement…

Le 3ème jour, pleins de doutes compte-tenu de l’état d’urgence, nous étions un lieu hautement symbolique : au pied de l’arche de la Défense.

Par centaines les salariés des tours sortaient à l’heure du déjeuner. L’occasion de distribuer encore quelques milliers de flyers, d’engager un dialogue ou… d’essuyer des refus condescendants  « non merci, je préserve la planète », ou bien  « non, pas de propagande ». Mais bien plus souvent, cadres à l’allure affairée ou collaborateurs de moindre rang hiérarchique acceptaient le flyer, engageaient la conversation…

Trois jours d’une mise en scène et en son d’un Manifeste destinée à réveiller les consciences, quelques milliers de flyers distribués, de nombreuses occasions de dialogue, un beau film en perspective, bref : mission réussie !

Notre campagne contre la souffrance au travail continue… Nous avons besoin de votre soutien pour nous aider à rémunérer les acteurs et financer la production des badges et flyers distribués pendant l’évènement. Rejoignez-nous !!

Alerter contre la souffrance au travail : manifestation artistique de 23 Millions de Salariés

Sexe au travail : entre harcèlement et « volontariat », l’avenir professionnel en passe-t-il par la soumission sexuelle ?

Sexe au travail, Harcèlement sexuel au travailDepuis l’affaire Baupin, la parole s’est libérée, les langues se délient et le constat est que les cas de harcèlement sexuel au travail sont en réalité incroyablement fréquents, ce qui pose une fois de plus la question du lien entre sexe et travail.

Deux titres de la presse:

« Des femmes dénoncent des faits de harcèlement et d’agression sexuelle de la part du vice-président écologiste de l’Assemblée nationale »

« Les jeunes, prêts à « coucher » pour réussir en entreprise »

Première remarque :

Un homme est élu vice-président de l’institution qui dans ce pays vote les lois.

Deuxième remarque :

Cet homme, qui aurait exprimé sur Twitter sa fierté d’avoir voté en 2012 – l’année même de son élection – la loi contre le harcèlement sexuel, se serait livré lui-même à des actes de cette nature.

Eh bien, Mesdames et Messieurs, cet homme mérite notre admiration ! Que d’efforts n’a-t-il fait pour contribuer à faire voter une loi qui apporterait enfin un soulagement à sa culpabilité et à celle de ses semblables !

Car oui, cet homme soupçonné de harcèlements et d’agression sexuelles connaissait sa perversion, oui il la savait coupable et quoi, son malheureux pays ne lui proposait aucune loi ni aucun châtiment qui put soulager sa peine ?

Alors que fit-il ? Il s’engagea, il milita, courageusement, sans compter sa peine pour la faire émerger, cette loi qui mettrait enfin un terme à ses souffrances. Oh, il commit bien quelques menus écarts en taquinant de-ci de-là telle dame dont le silence, pensait-il lui valait consentement. Car enfin, quand on n’est pas d’accord, on le dit, n’est-ce pas ?

Et puis, la fin justifiant les moyens, le vote d’une telle loi ne valait-il pas que l’on fermât les yeux sur quelques écarts au regard de si louables efforts destinés à recevoir, enfin, après tant de souffrances, un juste châtiment ?

Ne nous effrayons point, cet homme politique pas plus que les petits chefs, qui en entreprise, qui dans telle mairie ou ministère, association ou ONG harcèlent comme on prend son café, cet homme politique ne subira pas la castration chimique.

Nous ne sommes pas des sauvages quand même !

Et les Jeunes dans tout cela ?

Doit-on s’étonner de les voir prêts à se donner corps et âmes telles les vierges d’antan au « saigneur » local ne faisant qu’user du plus légitime droit de cuissage qui soit ? Les vierges n’avaient guère le choix, il paraîtrait que nos jeunes seraient volontaires ! O tempora, o mores

Ne nous indignons pas, ils sont formés dès l’école ! Ils ont appris dès la maternelle à se soumettre au règlement, ils ont eu des petits carnets à points et on leur a installé des bornes biométriques à l’entrée des cantines afin qu’ils sachent bien qu’ils ne sont que des bouts de corps.

Bref, ils ont de longue date pu comprendre et intégrer qu’ils devaient se soumettre aux maîtres. Cela fait partie de leur ADN comme l’on dit maintenant… Peut-on leur en vouloir de se donner comme des objets ?

La Nation est en guerre, les Chefs de guerre qui nous dirigent savent, ils sortent de très très grandes Écoles, ils sont sages et agissent pour notre bien.

Alors oui, Jeunes, à la guerre comme à la guerre, offrez leur votre cœur, offrez leur votre âme, offrez leur votre corps ! Donnez, donnez, et vous recevrez… un jour peut-être … ou pas !

Travail, soumission, harcèlement sexuel, faisons en sorte que cela cesse! Notre campagne contre la souffrance au travail continue, rejoignez-nous!

Mots clés possible pour cet article : « Sexe au travail », « Loyauté et travail au XXIe siècle », « Dévouement sexuel au travail au XXIe siècle », « Dévouement au chef », « Soumission sexuelle », « Prostitution en entreprise », « Ambition professionnelle »,…

Vous avez des idées de mots clés? Laissez nous vos suggestions ci-dessous!

Le 1er Mai de 23 Millions de Salariés

Pas très doués pour accrocher banderoles et affiches sous un vent contraire, nous étions malgré tout une bonne dizaine, ce 1er Mai 2016, à inaugurer une présence réelle, effective de l’association « 23 Millions de Salariés » qui sortait pour la première fois dans la rue pour afficher son existence.

Un sacré symbole, puisque l’association est née il y a 9 mois… Neuf mois de gestation, neuf mois à s’organiser sur le web, à se structurer entre salariés du privé et du public, pour être enfin là, debout, avec les salariés du 1er mai dans le rues de Paris.

Comme tout nouveau né, l’association a encore beaucoup à faire pour grandir, et c’est avec vous qu’elle va croître pour les années à venir. En ce 1er Mai 2016, un certain nombre d’entre vous nous ont découverts; depuis, vous avez été nombreuses et nombreux à nous contacter pour en savoir plus sur nos actions et nous soutenir, ce dont nous vous en remercions.

Et maintenant, la suite : après une naissance symbolique, apprenons à marcher ensemble contre la souffrance au travail : venez participer à nos réunions, à nos rassemblements visant à dénoncer la maltraitance au travail, à l’élaboration de la lutte contre le harcèlement managérial, à la dénonciation des suicides cachés.

Nous sommes là pour que vous puissiez enfin briser le silence et que toutes et tous, nous puissions nous unir pour agir et cesser de subir. Vive le joli mois de Mai !